| samedi 18 juillet 2009, a 11:19 |
| bonjour et bienvenue |
Merci de votre visite |
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| mercredi 14 janvier 2009, a 00:08 |
| La Dame Blanche |

Tout
enfant déjà, je rêvais aux Fées. Je les cherchais au fond du jardin,
derrière les fuseaux des poix de senteur -une ouverture moussue, humide,
fréquentée par d'étranges escargot, suggérait l'entrée du Royaume où
l'on n'accède que par aventure. Bien loin du potager et des alignements
de laitues. Un monde jusqu'alors enclos dans les livres du jeudi. Il me
souvient de la lecture, un matin, près des lieux où s'arrêtaient les
sarclages, des Contes d'un buveur de bière ; d'un serpent à la tête de
femme blonde dont les troubles ondulations se balançaient au milieu des
flammes ; de l'apparition d'un spectre sur le Chemin de Culotte Verte.
Et puis encore d'un "grimoire" rouges et or, lourd de malices. La
lettrine ouvragée d'un "Il était une fois" m'envoûta aussitôt et pour
toujours, comme le signe secret lie l'apprenti sorcier au destin des
magies. Lutins, Gnomes, Elfes et Fées m'enlevèrent dans leur ronde. Plus
jamais je ne revis ni eus de nouvelles de ce semblant d'enfant- ce
Changelin - laissé sur le petit banc adossé aux noisetiers alors
qu'"Ils" m'entrainaient ailleurs.
Une autre fois,
en vacances à Morbier, le temps pluvieux raccourcissant les excursions,
je me réfugiai, heureux, au coeur d'une bibliothèque offerte à mon
avidité par un logeur à barbe feuillue. Sourd à l'appel de mes parents
inquiets de mes silencieuses extases et soucieux de me "récupérer" au
jeux de société, je me faufilais, à la dérobée des pages, vers la cornée
forestière rencontrer le Bonhomme en gris afin de pactiser. C'est
quelques chapitres plus loin que Merlin, sous un chêne si haut qu'il
dépassait l'image, m'offrit la vision de mon premier amour. La Marianne
de ma jeunesse avait pour nom Viviane. Belle comme nulle autre pareil.
Cet enfantement précoce ne fut pas innocent. Le parfum de ces
vieux livres retrouvés parmi les humus des futaies mêlait la légende à
la réalité des bois. Je soufflais dans une pomme de pin car sa courbe
d'écailles semblable à l'olifant d'Obéron rassemblait autour de la
clairière la vassalerie des Beaux Casqués. Puis nous chevauchions les
fougères jusqu'au plus profond des troncs creux.
Plus tard,
j'entraînais des camarades à la découverte des Vallées Délictables
gouvernées par les vieilles divinités.
Je croyais
savoir qu'une Dame Blanche des fontaines se montrait parfois nue aux
alentours du Caillou-qui-bique, que la croyance populaire disait avoir
été le repaire du brigand Moneuse et de sa bande de brûleurs de pieds.
La piste païenne y était encore fraîche. Fraîche aussi l'eau de l'Honnelle
traversée à pieds déchaux. Et puis, soudain, jaillie des cieux pourtant
bleus, surgit une averse acharnée à nous barrer la Voie. Elle tombait
drue et méchante, fouettait nos dos en nous repoussant en arrière. Les
talus s'écroulèrent sous nos pas, les ronces s'entremêlèrent en
d'infranchissables enceintes. La forêt toute entière répondait aux
clameurs de la Dame courroucée. Enfin, l'estocade d'un ultime sortilège
nous renvoya au lit. |
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| mardi 04 janvier 2011, a 05:18 |
| 2011 |
bonne année |
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| dimanche 07 novembre 2010, a 16:36 |
| Dames grises et dames de puits |
"Quel puits surprenant, dit-elle, où je me vois dans l'obscurité.
Une dame de puits grimpe d'une poutre à l'autre." (Jean Paulhan, Lalie)
On utilisa souventes fois le nom des Dames Grises en terme de générique
pour désigner les Fays, les Elfes, et tous les genres de Féerie. Ainsi
les Dames de Puits, les Vierges Bienheureuses, les Huldres et la
Vassalerie des collines sont appelées "Gris" ou "Grises" par le commun
qui n'entend pas leur chant. (Barbygère)
Les Grises vivent dans le voisinage des âmes regrettées, des fantômes
attendus. Elles gardent certains trésors et "reposoirs des Fées".
Elles hantent les vieux lieux, veillent sur les souvenirs des temps
féeriques, visitent les jardins secrets, les tombes d' enfants, les
charmilles d'hiver. Souvent les chats qui les surprennent quittent
mystérieusement une activité et vont en ronronnant s'offrir à leur
caresse. |
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| samedi 18 septembre 2010, a 12:08 |
| MAJA, MIJA, MEIGA |
L'essence de la Tradition n'est
pas une doctrine, mais une communauté d'esprits qui perdure d'âge en
âge. (Méditations sur les 22 Arcanes Majeures du Tarot).
Il était une fois, dans un village
d' Espagne, un petit garçon très pauvre qui se rendait à l'école. Sa
mère Catalina, veuve et malade, ne pouvait plus quitter le lit tant sa
faiblesse était grande. Au coin de la rue, Ignacio rencontra une vieille
femme pas plus grande que lui, vêtue de hardes usées et d'un grand
chapeau noir.
- Bonjour, dit-elle, tu as l'air bien triste mon enfant.
- C'est que ma mère est au plus mal, et nous sommes si pauvres qu'on ne
peut la soigner.
- Tu es malgré tout moins démuni que je ne le suis, puisque tu as un
morceau de pain dans ta poche, alors que je n'ai rien.
La vieille paraissait si désemparée et fragile avec ses beaux yeux verts
dans son visage ridé qu'Ignacio sortit généreusement le quignon et le
partagea en deux. La vieille sourit en le portant à la bouche et
l'enfant sentit dans sa main le morceau de pain redevenir entier comme
avant d'être entamé.
- Tu es un bon petit, Ignacio, aussi je vais te donner ceci. Et puisant
dans ses haillons, elle retira un pot de confitures qu'elle lui
tendit... puis disparut.
Le gamin était si content que d'une traite il courut à la maison conter
l'histoire à sa mère et la régaler de tartines de confitures qui jamais
ne s'épuisaient.
- N'aurais-tu pas rencontré une Maja ? Une Buena Maja ?
Car au fur et à mesure qu'elle mangeait, ses forces revenaient. La
nourriture agissait pareille à une medication. Sans doute était-ce dû à
la qualité magique des fruits provenant d'un verger des Fées. Jamais
Catalina n'avait goûté de telles saveurs, et s'en trouva si bien
réconfortée qu'elle décida d'aller sur le champ présenter ses broderies
chez le marchand. Hélas, cela faisait maintenant si longtemps qu'elle
n'avait pris l'aiguille qu'il y aurait peu de rubans à vendre. Mais
peut-être suffisamment pour acheter quelques chandelles afin de pouvoir
coudre le soir ; car le délicat ouvrage exécuté à la chiche lueur des
étoiles avait fini par lui user les yeux. Elle ouvrit le coffre à
rangement et, stupéfaite, en dévida, au lieu du pauvre mètre, tout un
déballage si finement dentelé d'or qu'elle devina une autre intervention
des Fées.
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| lundi 21 juin 2010, a 10:59 |
| Madera |

Madera ou Dame Madera est une démone "Nat" birmane, elle s'empare des enfants,les rend fiévreux et malades. Si un bébé pleure constamment, c'est que les Madera-Madela l'ont pris. La conjuration se fait alors en ces termes : "Tu as rendu mon enfant fiévreux, malade, tu lui as rempli l'estomac d'air, tu lui as donné mal au ventre, tu le fais pleurer et sursauter dans son sommeil. Puissent désormais disparaître pleurs et agitation, fièvre et maladie, que mon enfant soit bien portant, heureux : voici un cadeau pour toi, Dame Madela". |
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| mercredi 07 avril 2010, a 11:02 |
| olefermeloeil |
Ole-Ferme-L'Oeil, vient chaque soir, à la fermeture des volets, assis sur la dernière lueur du soleil couchant. Personne ne l'entend sauter à terre, ses bas fourrés étouffent ses pas. Personne ne le voit car ses habits de soie brillent tellement que l'oeil ne perçoit qu'un reflet de sommeil. Aux enfants il ne veut que du bien. C'est un marchand de sable sans sable. Il lui suffit de projeter quelques gouttes de lait sur les paupières et un souffle dans le tendre du cou, ou de répéter dodo-dodo sur un ton de pluie pour que l'esprit se détache et s'élève.
Son art consiste à maintenir le petit protégé entre conscience et rêverie, au seuil du grand Eveil...Le premier soir de la semaine, il change le décor de la chambre tout en le laissant là où il est : le lit à la place du lit, la commode à la place de la commode, pour ne pas inquiéter les parents, quelquefois qu'un cri d'ivresse de glissade au toboggan des nuages ne les alerte au chevet du rêveur et les propulse dans l'espace. Il fait changer les fleurs des pots en arbres avec suffisamment de subtilité pour que les branches ne décollent pas la tapisserie, que les parfums des cerisiers n'attirent pas toutes les bandes de loriots du pays et ne répandent pas dans les escaliers des roulades de noyaux.
Le mardi, il met de l'ordre dans les cahiers, soigne les fautes, les ratures, pose une majuscule, lie une attelle à un jambage boîteux, impose de la gymnastique corrective aux lettres pour qu'elles se tiennent aussi droites et disciplinées que leur modèle tracé par le maître dans la marge. Corrige les problèmes de calcul, ferme les robinets qui fuient, règle les aiguillages des trains en retard... et ravive les couleurs des livres d'images.
Le mercredi, il touche les meubles avec sa petite seringue de Troll et tous se mettent à bavarder, à conter leurs histoires de lorsqu'ils étaient arbres, de ce qu'ils ont vu et entendu au fond des bois : des histoires de brigands, de loups, de licornes blanches.
Le jeudi, il rapetisse l'endormi à la taille d'un pouce, l'habille de la veste à brandebourg d'un soldat de carton et l'entraîne à découvrir les secrets de la maison, l'univers de dessous les murs, les escaliers, les plinthes, les recoins de coins, les couloirs à souris où se fêtent les mariages de poupées. Ou bien il ouvre la fenêtre à l'hirondelle qui l'emporte visiter les cieux.
Le vendredi, tout est possible à Ole-Ferme-l'Oeil, même la mer le suit jusqu'aux fenêtres de la nursery où un bateau attend que le vent gonfle sa voile de rideau et s'élance vers l'horizon explorer les sables fluides des îles aux trésors.
Le samedi, ils vont au pays des crêpes, au pays de bois peint des Lutins du Père Noël. Ils y voient polir les étoiles, peindre les champignons, se cotonner la neige, s'inventer l'étincelle et l'aurore boréale.
Le dimanche, Ole-Ferme-l'Oeil ouvre la voie céleste menant au village des retrouvailles. Tous ceux que l'on croyait définitivement partis vous accueillent autour de la table dressée pour la Fête. On y retrouve grand-père, grand-mère et des parents aimés que l'on pensait ne plus jamais revoir, tous chantant des chansons, des comptines que l'on croyait ne plus jamais entendre. Et après le repas, dans une pièce à l'étage, on peut retrouver les jouets que l'on croyait perdus. Les peluches usées, les trains cassés, les poupées désarticulées, éventrées, les albums déchirés attendent là, tout flambant neufs, la joie des retrouvailles.
Et, sans cesse, il conte des histoires.
Le frère d'Ole-Ferme-l'Oeil s'appelle aussi Ole-Ferme-l'Oeil. Il ne vient jamais trouver personne plus d'une fois, et quand il vient, il vous prend sur son cheval et vous conte aussi des histoires ; seulement il n'en connaît que deux : l'une est si merveilleusement belle que nul au monde ne peut l'imaginer et l'autre si affreuse qu'on n'ose la décrire. Il n'a pas l'air aussi méchant que sur le livre d'images où il n'est qu'un squelette. Il galope si vite qui donne l'impression de voler., Dans sa course il prend jeunes et vieux sur son cheval. Il les place tantôt devant lui, tantôt derrière. Mais toujours, il demande d'abord : "Comment est ton cahier de notes? - Il est bon, répondent-ils tous.- Donne que je le voie moi-même", dit-il. Et ils lui montrent le cahier, et tous ceux qui ont "très bon" ou "excellent" vont devant sur le cheval et entendent l'histoire merveilleuse. Mais ceux qui ont "passable" ou "médiocre" doivent aller derrière et entendent la vilaine histoire. Ils frissonnent et pleurent, veulent sauter de cheval, mais des chaînes les retiennent.
Le carnet de notes, qui va rejoindre les autres dans les fontes, n'est pas un carnet de résultats scolaires ni un dossier de diplômes de réussite sociale : il y a des premiers en tout, des ministres, des présidents de la République, des rois, des empereurs qui, bien souvent, ont des notes catastrophiques et des zéros pointés ; et des cancres et des anciens élèves de l'école buissonnière récompensés de prix d'honneur. Les frères Ole-Ferme-l'Oeil ne sont pas impressionnés par les titres et ne se laissent pas acheter. "Ole-Ferme-l'Oeil des rêves refuse d'aller chasser les cauchemars qui assaillent et empêchent de dormir les adultes responsables de mauvaises actions condamnés à monter en croupe." Il confie aussi quelquefois à son frère des enfants différents touchés par les grâces lumineuses, qui lui demandent de les conduire plus tôt vers les magies des merveilleux séjours.
"Telle est l'histoire de Ole-Ferme-l'Oeil". |
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| dimanche 31 janvier 2010, a 12:59 |
| tante arie |
Emmitouflée de châles, les pattes d'oie pelotonnées au fond des charentaises, assise près du poêle, Tante Arie sommeille au rythme des ronrons du chat.
Son dentier de fer s'oxyde dans l'eau d'un verre, cela fait bien des solstices qu'il ne mord plus les vents de sa tenaille de verglas. Abandonnés aux araignées, le sac de grêle et le bâton à foudre s'empoussière. A force d'avancer dans l'âge, la meneuse de nuées sauvages, satellite de Berchta, n'a plus trop envie de bousculer la météo, de tirer la bordée solaire. Derrière la buée de ses lunettes, au fur et à mesure que la vue baisse, elle perçoit les agissements des hommes à travers le flou surexposé d'une vision de vieille Fée. Ses noires colères sont passées, endormies par de journalières infusions de tisanes philosophiques.
Les anciens se souviennent de ses frasques et colères, lorsque chevauchant les Hargnes elle frappait les campagnes de sa trique à foudre. Si d'aventure elle fesse encore quelque garnement à l'aide de verges vinaigrées, c'est qu'ils l'ont mérité, et, satisfaite de ne pas avoir perdue la main, elle leur offre aussitôt de quoi les consoler.
De la même façon que ses congénères et pour les mêmes raisons, elle s'est rapprochée des enfants dont les univers sont proches. Il n'y a guère plus qu'eux pour s'intéresser à elle, il n'y à guère plus qu'eux pour lire l'univers dans le givre des carreaux.
Tante Arie ou Fée Arie ne sort désormais qu'une fois l'an. A la Noël elle émerge de sa demeure perdue au fond des forêts franc-comtoise, enfourche son âne aérien et retrouve ses pouvoirs de jeunesse. Toute la nuit elle visite les maisons, passe par les cheminées, les trous de serrure, offre des cadeaux aux enfants sages qui ont laissé carottes et navets pour sa monture, menace les garnements, les coiffe de bonnets d'âne, vérifie la bonne tenue de la cuisine, inspecte les meubles et les nids de poussière.
Autrefois elle récompensait d'une bourse d'or les meilleures fileuses, aujourd'hui elle dépose des aiguilles et pelotes de laine aux bonnes tricoteuses. On dit qu'elle peut encore se transformer en serpent, faire tomber la neige en secouant sa chemise, trouver un mari aux jeunes filles qui viennent lui apporter des présents. Elle apprécie les invitations aux veillées ; celui qui lui demande de réaliser un voeu avec suffisamment de ferveur entend un bruit de clochette tinter au loin, c'est signe qu'il se réalisera.
Lorsqu'elle rencontre un orphelin, elle l'emporte sur son dos et lui donne à téter ses mamelles jetées par-dessus ses épaules. Agaberte, Fée des neiges, fait aussi à l'occasion la nourrice.
Sa tournée terminée, Tante Arie repasse par le Jura chez son amie Berthe, la fileuse qui ne voit plus personne et ne quitte plus sa grotte depuis que les femmes ont remisé leurs quenouilles. |
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| jeudi 31 décembre 2009, a 22:14 |
| Santé, prospérité |
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| vendredi 11 décembre 2009, a 11:08 |
| bonnes fêtes de fin d'annee |
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| mercredi 02 décembre 2009, a 09:28 |
| arda-lilî |
Ardat-lilî est "une belle Vierge babylonienne qui n'a pas connue la jouissance, qui n'a pas enlevé son vêtement devant le giron de son mari, qui n'a pas connu l'amour et n'a pas de lait dans ses seins".
Sous la forme d'une louve à queue de serpent, elle ravit la lumière, attaque les hommes mariés, souffle le mal dans le foyer de l'homme et dévore les enfants. Le démon lulû l'accompagne, ainsi que la démone-succube Hallulaja "La Courtilière". |
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| samedi 04 juillet 2009, a 13:04 |
| Les Valkyries |
Compagnes de Bertha et filles des tempêtes, elles suivent Odin-Wotan au coeur de la chasse sauvage, mais surtout survolent à cheval les ciels de batailles d'où elles désignent les braves qui devront périr. Visibles aux seuls héros que leurs lances ont choisis, elles les emportent glorieusement dans le Valhall où les attend une place d'honneur au banquet d'Odin. Gardiennes du Walhalla, elles s'occupent des festins, servent l'hydromel et égaient l'assemblée guerrière de leur plantureuse présence.
Superbes, musculeuses, cuirassées, casquées, les Valkyries portent un bouclier et une lance dont l'extrémité brille comme une flamme. Elles participent à tous les combats et accordent la victoire à l'armée dont le chef les a séduites par ses prouesses. Les crinières de leurs coursiers célestes laissent tomber la rosée dans les vallées, la grêle sur les forêts.
Lorsqu'elles ne partent pas en guerre, les amazones d'Odin se plaisent à parcourir le pays sous l'apparence de filles-cygnes ainsi que certaines Fées, et vont se poser gracieusement près des lacs, des étangs, au fin fond des forêts solitaires. Celui qui les surprend peut, s'il demeure invisible et silencieux, les voir quitter leur blanche parure de plumes et apparaître dans leur seule beauté blonde. Le malin qui parvient à dérober le plumage de l'une d'elles peut dès lors s'en faire obéir, la contraindre à le suivre, à l'aimer, à lui révéler les secrets de son avenir. Mais cette vilénie ne va pas sans comporter de gros risques car entre une Dame-Cygne et une Valkyrie transformée en cygne peu d'hommes sont en mesure de faire la différence. Or l'erreur peut être fatale. En effet, si la Dame-Cygne, privée de ses plumes, est dans l'obligation de subir l'outrage sans la moindre défense, la Valkyrie, elle, emploiera toutes les séductions, tous les sortilèges dont elle est capable pour récupérer plumage et pouvoir. Malheur au vaincu qui aura osé la défier. |
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| samedi 02 mai 2009, a 16:55 |
| Fées Lumineuses |
"La vaste nuit allume toutes les étoiles".
Lorque meurt le jour, la nuit
s'illumine. Les étoiles, les lucioles, les vers luisants sont les fleurs
de mai de la haie endormie. Le chemin perdu par les ténèbres a besoin de
phosphorescence pour se guider dans le noir à travers bois et landes. Il
faut au creux de l'arbre les yeux ronds d'un hibou pour donner un regard
à sa vieille tête tétarde. Il faut une aire de lune aux métamorphoses
des grenouilles...Il y a plus de rêves de lumière dans le secret de la
nuit que dans l'évidente clarté du jour. Chaque lumerotte est une lueur
pensée, une braise d'aurore entretenue par un veilleur attentif et
nocturne que son haleine ravive à l'heure où il s'efface (un allumeur de
champignons et berger de chandelles. Par-dessous la flore miniature, sa
mèche de lampion va d'une tigelle à l'autre éclairer les campanules,
enflammer la feuille d'un éclat de vitrail et, de loin en loin, baliser
de lanternes l'itinéraire des processions noctuales...
C'est l'heure des hantises et
des Fées de la nuit qui, aux orbes d'argent des fontaines, accourent
s'habiller.
De toutes ces manifestations des
"Fées Lumineuses", celle de l'Encantada est selon l'avis des "rêveurs de
lumière" la "plus boulversante depuis les plus lointains jadis"....
Autrefois, en Espagne, les enfants
quittaient le village à la brume du soir et gravissaient un sentier
forestier jusqu'aux pierres sacrées, admirer l'apparition de la vieille
Encantada. Ils s'asseyaient en cercle devant l'entrée de la grotte et
attendraient qu'elle paraisse. D'abord on voyait le fond obscur de la
cave tapissé de lierre et de liserons se colorer d'une "teinte de rose
et d'aurore...de la fine clarté que prend le ciel aux prémices de
l'aube", et une voix douce chantant des paroles mystérieuses parvenant
de très loin s'approchait à mesure que s'intensifiaient les
rayonnements. Toutes les variations de l'arc-en-ciel jouaient sur les
parois tantôt rouges ou vertes, bleues, indigo, violacées, puis "une
lumière plus blanche que blanche absorbait toutes les couleurs et
rayonnait sur la caverne ainsi qu'au-delà de ses environs". Les arbres,
l'herbe, les branches sombres des sapins se décoloraient en étincelant
comme neige au soleil..."Tout devenait transparent, même la roche, même
les vêtements et les corps de ceux qui attendaient. Tous les regards
cherchaient dans cette lumière l'endroit précis d'où allait naître l'Encatada,
car c'est du coeur de cet éclat qu'allaient s'épanouir les formes de la
Fée. Chacun retenait sa respiration et, dès que son visage se dessinait
au milieu des étoiles, chaque poitrine laissait échapper un souffle de
ravissement".
Le spectacle ne durait pas
longtemps et ne changeait jamais. L'Encatada regardait le parterre sans
le voir, souriait aux anges, s'asseyait et avec des gestes lents
coiffait silencieusement sa longue chevelure de nébuleuse. Personne
n'osait parler, ni chuchoter. Engourdis par le charme des éblouissances,
les yeux écarquillés, bouche bée, les enfants restaient là jusqu'à ce
qu'au dernier coup de peigne au premier rayon s'éteigne. Elle ramassait
les jonchures de ses mèches autour d'elle ; les regroupait en
écheveaux pendant qu'imperceptiblement pâlissaient ses contours. Enfin,
une fois son peigne enfoui dans les replis de sa robe, elle se levait,
souriait à nouveau aux anges et, soufflant sa propre image,
disparaissait tout à coup.
Quand, encore tout frissonnants
d'émotion, les enfants redescendaient dans le noir, il en manquait
toujours un. |
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| mercredi 14 janvier 2009, a 02:26 |
| FEE VIVIANE |
"J'irai
dans l'oubli, au-delà du bien et du mal, me réconcilier avec moi-même".
(Michel Rio, Merlin)
C'était un jour plein d'eau et de
feuillage qui s'attardait aux fontaines. Tous les chemins étaient creux
avec des haleines de puits. Merlin marchait derrière Viviane. Elle
avançait vivement de peur qu'il ne s'attarde, que le souvenir d'Arthur
ne le rappelle vers l'orée. Une fois enfouie au coeur des frondaisons,
les racines sauraient le retenir. Mais si proche des lisières, un signe
de l'extérieur traversant le couvert pouvait encore l'arracher à
l'emprise végétale. Elle lui avait demandé de mettre sa robe des forêts,
celle qui commandait aux arbres, aux roches moussues et dont la bure se
moucherait ainsi que le pelage du daim. Elle avait mis toutes les ruses
de son côté et il le savait. Il laissait les herbes effacer leur passée.
Un martin-pêcheur faufila le ciel et la rivière tout le long de la berge
voisine. Merlin soupira sur tous ceux qu'il quittait dans leur aube de
gloire : ces preux chevauchant à travers les vergers enrubannés de
printemps, vers les tours de Camelot parées pour les noces d'Arthur et
de Guenièvre. Il allait auprès d'eux, jeune encore, chassant de ses
pensées l'ombre accrochée à ses pas. Lancelot prit la main de la reine
et l'aida à descendre. Elle dit un mot sans qu'elle y pensât, un de ces
mots qui font à travers le coeur de mystérieux chemins et qu'entendrait
Mordred encore ensommeillé dans un nuage lointain : "Que vois-tu
Merlin?" l'avait interrogé Morgane tandis qu'accoudé au créneau il
devinait la pleine couverte de cadavres sur lesquels se défiaient deux
silhouettes de fer dans un fatal estoc.
Il ne les abandonne pas, il quitte
un monde ou les clairvoyances ne sont plus entendues. Il a déjà connu
tant de rois (Wortigen, Ambroise-Aurélien, Uter-Pendragon) dont les
puissantes voix à jamais se sont tues alors qu'à la branche d'aubépin
chante toujours le roitelet des bois. Sa mémoire plonge dans les vieux
âges au temps des chênes et des Fées. Il se souvient des forêts de
Calidon, d'Arnante et de Brequehem, de ce cercle de pierre où un Duz lui
souffla dans l'esprit quand les hommes sortaient à peine du limon et
rampaient au milieu des sauriens. Il les avait vu se lever, tituber et
lutter pied à pied la suprématie d'un royaume contre la brute
rivale. Alors il s'éloignait vers de sauvages ermitages, cherchant au
fond des cavernes les accès refermés du Monde Fortuné. Elle, peut-être,
le ramènerait là-bas. Il l'avait rencontré à la cime de mai, couchée sur
la margelle de Barenton, la fontaine qui rit quand on y jette une
épingle et ouvre les rivières des cieux si on arrose sa pierre. Elle
était Nymphe galloise et s'appelait Vivlain. Toujours il l'avait
retrouvée quand il s'abandonnait à ses folles pensées.
Viviane entendait tout cela pendant
qu'ils marchaient côte à côte, comme ils avaient si longuement voyagé
ensemble. Cette fois, se disait-elle, je ne le laisserait plus repartir.
Et elle portait un regard ému sur sa taille qui s'était courbée, sur son
visage raviné et le flot de sa barbe blanchie. Elle se souvenait de leur
première étreinte, elle, fille de la lune et de l'eau, Fée de fontaine,
effarouchée d'abord par ce dieu forestier, du chêne et de la pierre. Il
avait ôté sa ramure de cerf et la pelisse de loup pour s'accoler à elle.
Elle lui épargnerait la trahison de
Guenièvre et de Lancelot. Ce lancelot qu'elle avait jadis enlevé à sa
mère, Elaine, selon la coutume des Fées et élevé pour être chevalier-Fé.
Elle lui cacherait le déclin de Morgane et l'agonie d'Arthur.
Viviane le tiendrait loin d'un
monde que les Fées une à une avait fui. Elle l'enfermerait dans ce
bosquet d'aubépine où étaient nées leurs amours et qu'elle déroberait à
la vue de tous, derrière les remparts d'illusions, que Merlin lui avait
appris à ériger lorsqu'ils s'échangeraient les formules de leurs
sciences secrètes.
Mais sans doute savait-il déjà tout
du piège que Viviane était en train de tresser autour d'eux. Hier il
avait averti Arthur de son départ sans retour. Qu'aurait-il pu changer
au destin d'un royaume pourrissant, sur quoi ses enchantements n'avaient
plus de prise : "J'emporte dans l'éternité un éclat de ton coeur, mon
roi, mais je n'ai plus ici de place, depuis qu'on a fait une croix d'une
branche d'Yggdrasil".
Souriant dans sa barbe végétale,
Merlin regarde Viviane tracer de gracieux gestes en récitant les paroles
d'oubli...... |
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| mercredi 14 janvier 2009, a 02:24 |
| LA BEFANA |
La Befana signifie à la fois la
fête de l'Epiphanie et sa personnification. D'après ne très ancienne
tradition paysanne, cette antique ganache crochue-dentue aurait été une
sorcière encapuchonnée de noir avec des godillots percés, un grand sac
ou une hotte sur le dos, volant de toit en toit à califourchon sur son
balai pour porter des cadeaux la nuit du cinq janvier. C'est la Tante
Arie d'Italie. Devenue bienveillante avec l'âge, l'ogresse d'hiver
d'hier dépose en passant par les cheminées des jouets en récompense ; du
charbon en punition dans les bas, les souliers et chaussons des petits.
On raconte que La Befana aurait
jadis vécue la même épreuve qe Babouchka. Alors qu'elle ramassait du
bois dans la forêt, les Rois Mages seraient venus lui demander de les
conduire à Bethléem adorer l'enfant Jésus. Mais de peur qu'on ne la
vole, elle aurait préféré d'abord son travail et remiser ses fagots
avant de les suivre. A son retour, il n'y avait plus personne, ni de
traces laissées par les chameaux.
Rongée par le remords, La Befana
accomplirait chaque année cette corvée d'Epiphanie afin d'expier sa
faute.
Les bruyants charivaris destinés
anciennement à l'effrayer et à se protéger de ses maléfices ont été
remplacé en Toscane par des quêtes d'enfants nommés Bejenata : l'un deux
se déguise en vieille Fée, tandis qu'une ronde de joyeux camarades
chantent par les rues en réclamant des oboles.
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| mercredi 14 janvier 2009, a 02:20 |
| LAMASTU |
La démone babylonienne Lamastu est
une Vierge folle qui agresse les femmes enceintes et vole les
nourrissons. A la fois pure et impure, son père, le dieu Anou, l'a
chassée du ciel à cause de ses vices. Depuis elle attaque l'homme privé
de "dieu protecteur". Aussi hideuse que le démon Urukku, stérile,
jalouse de la maternité des femmes, "elle attaque par sept fois
l'abdomen du nourrisson et le tue".
Lamastu est au nombre de sept :
sept est le nombre démonologique par excellence. Les "Démons Mauvais"
sont sept, les gardiens des portes de l'Enfer sont sept : sept démons.
Les lamastus sont sept. En contrepartie sept sont "les Sages" Apkallu
qui peuvent les conjurer : "Qui enverrai-je contre la fille d'Anou? Les
sept et sept dont les vases sont en or, dont les seaux sont en lapis
pur. "Sept jupons enfilés les uns sur les autres protègent les
moissonneuses de la morsure des serpents.
La première Lamastu est nue,
couverte d'écailles de poisson : "Sa face est celle d'une lionne, ses
oreilles sont celle d'un âne, ses seins sont tétés par le porc et le
chien, sa chevelure est en désordre, ses doigts et ses ongles sont
longs, ses mains souillées, ses pieds sont ceux d'Anzû (l'oiseau
griffu), son venin est le venin des scorpions.
La seconde est soeur des "dieux des
rues".
La troisième : "glaive qui fend le
crâne"
La quatrième : "qui provoque
l'inflammation", apporte la fièvre et le frisson car son corps est
rempli d'une flamme qui brûle.
La cinquième : "déesse dont le
visage est pâle".
La sixième : "confiée aux mains d'Irnina".
La septième : "démone ailée", est
renvoyée au ciel d'où elle est descendue par la conjuration "Au nom de
grands dieux, avec les oiseaux du ciel, envole toi".
Et le tout de cette charade à
tiroirs est Lamastu la Noire!... |
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| mercredi 14 janvier 2009, a 02:13 |
| DAME HOLLE |
Fraü
Holle ! Fraü Holle ! encore une de ces sorcières à qui il faut donner un
sou pour avoir du beau temps !
(F. W. Kirchner, Les Cocasseries
du Placard)
Autre meneuse de la course solaire,
la Fée Holda, Fraü Older, Fraü Holle, Dame Holle ou Dame Hutt, conduit
la marche des Ases, Esprits du cosmos qui, chaque année, pendant les
douze nuits entre Noël et la Fête des Rois, se groupent et voyagent à
travers la Hesse, la Thuringe, la Westphalie. Derrière la Fée s'avance
le vieil Héccard et sa troupe d'horribles fantômes. Enfin les Ases. Des
bruits terribles se font entendre comme dans la chasse la plus
effroyable. D'autre fois les esprits, précédés par un chef vêtu de fer,
partent en guerre. C'est alors le tumulte et le cliquetis des combats.
Et toujours la bonne Dame Holda, montée sur un char, domine de sa belle
figure la procession spectrale, nous rapporte Henri Durville.
Holle est le terme qu'emploient les
Germains pour désigner l'enfer. Hel en est le terme Scandinave.
Dame Holle, Hel, est la déesse des
damnés. Elle est la fille du beau mais cruel grand Ase, Loki, dont le
nom a été forgé par la flamme de son père Farbauti, "celui qui en
frappant fait naître le fer", et par le corps de sa mère Laufey (l'île
boisée) "qui fournit la matière avec laquelle on allume le feu". Elle a
vu le jour au pys des géants, auprès du loup Fenrir et du grand serpent
Midgard. C'est dans les entrailles de Niflheim qu'elle séjourne et
reçoit le monstre Nidhogg, qui jour et nuit grignote patiemment les
racines d'Yggdrasil, le frêne de la vie.
Durant la journée Dame Holle
remonte à la surface terrestre sous la physionomie d'une Dame Blanche,
d'une Déesse sylvestre et Diane chasseresse pour se baigner et se
peigner dans les rayons du soleil des légendes. Sous le nom d'Ostera, on
la trouve entrain de filer et tisser à l'ombre des chênes, cuisiner,
lessiver près des grottes de montagne, étendre sa protection sur les
berceaux des nouveaux nés, cueillir du muguet au temps de mai. |
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| mercredi 14 janvier 2009, a 02:07 |
| BERCHTA |
Après
le couloir de l'Avent, le vieux Noël ouvre le cycle des douze jours ou
des douze nuits, suivant ses origines celtiques ou germaniques. Depuis
le premier Novembre l'air du temps n'est plus tout à fait le même. Les
frontières entre le monde des vivants et des morts, entre le monde des
hommes et des Fées se sont effacées dès l'arrivée des "Etres de
passage".
De l'Avent à la Sainte-Mélanie, au
coeur de l'Epiphanie les cieux sont visités de nombreuses cohortes
aériennes. Devançant de plusieurs millénaires le traîneau de
Santa-Claus, Wodan-Odin, dieu des tempêtes et des morts monté sur son
cheval blanc, conduit la Jorelei (Horde du temps de Jule, l'armée
furieuse ou chasse sauvage) encadré par la blonde cavalcade des
Valkyries, et majestueusement escortée par la déesse Berchta, la Wilda
Bertha, Perchta ou Einsenberta. Par-dessus les campagnes et les villes
d'Allemagne, de Bavière, du Tyrol, de Suisse orientale, survolant les
petites maisons à colombages, pignons et tourelles, qui, des nuages,
ressemblent à ces jouets que les enfants attendent, Berchta mène
derrière elle sa suite féerique. Accrochée à son manteau de brouillard,
de neige et de vent se presse la foule des "laissés pour-compte" qu'elle
rassemble et réconforte. Une nichée de bébés mort-nés gazouille dans sa
capuche, des enfants trépassés non baptisés, des morts mal enterrés,
oublié, des âmes d'assassinés, de pauvres âmes suicidées par trop
d'amour voisinent des ombres de Lutins perdus, de Fées défuntes, d'Elfes
délaissés, de fantômes fanés, tout heureux de se retrouver ensemble à
courir la campagne avec leur bienfaitrice, à visiter les maisons
décorées pour Noël, à déposer des cadeaux, punir les méchants,
récompenser les méritants et recueillir d'autres âmes en peine
abandonnées sur les chemins.
Elle descend au carrefour de quatre
routes où pleure une âme gelée, l'emporte parmi les siens qui, empressés
de l'entourer, lui rendent par des caresses et baisers vie et lumière.
Et c'est une nouvelle luciole qui va et vient joyeusement entre les
formes indescentes et gracieuses, et mêle son chant aux jappements
joueurs d'une bande de chiens minuscules et ailés.
On raconte que, non loin de Kustein,
la compagnie céleste avait atterri dans un champ et s'amusait dans la
neige en attendant la Mère Berchta occupée à examiner les travaux
ménagers d'une fermière paresseuse. Le plus petit d'entre eux, échappant
échappant à la surveillance de ses aînés,s'était alors égaré dans les
bois en essayant d'attraper des flocons sur le bout de la langue. Sa
chemise trop longue pour lui entravait ses jambes et il trébuchait à
chaque pas. Un pauvre bûcheron passant par là le ramassa, le moucha, le
débarrassa du givre collé à ses cheveux, ému de le voir si mal attifé,
lui remonta la chemise en la serrant à la taille avec sa propre
ceinture, avant de le remettre dans la bonne direction. Berchta, qui
l'observait à travers un buisson, s'avança alors vers lui en souriant :
"Tu es un brave homme, dit-elle, que tes enfants soient bénis, ils ne
manqueront jamais de rien". En effet, sur le chemin du retour, le
bonhomme trouva une bourse d'or qu'il sut faire fructifier et toute sa
famille vécut heureuse, n'oubliant jamais au moment de l'Epiphanie de
rendre hommage à la bonne Berchta.
Mais elle peut aussi être terrible.
On raconte également que, rendue furieuse par les agissements d'un
huissier ayant fait expulser la nombreuse et misérable famille d'un
sabotier en plein hiver, elle se saisit de lui et le jeta aux griffes
vengeresses de la horde. Ses restent arrachés furent, dit-on, déposés à
la Noël dans tous les souliers des huissiers de la ville en guise
d'avertissement.
C'est pour ces raisons que toutes
et tous attendent avec effroi, joie et vénération la venue de Berchta la
Sauvage. |
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| mercredi 14 janvier 2009, a 02:04 |
| BABOUCHKA |
Une fois, il y a bien longtemps, la
Fées Babouchka était à filer au chaud dans son isba. La neige brassée
par les vents blanchissait montagnes et campagnes de la vieille Russie.
C'était un temps à ne pas mettre un Domovoï dehors. Pourtant
quelqu'un frappa au carreau où la dentelle des rideaux, les fleurs de
givre et les reflets de branches verglacées confondaient leurs
entrelaces. C'étaient des étrangers chamarrés d'or et bleus de
froid : "L'enfant divin est né, dirent Les Rois Mages, nous suivions
l'étoile qui nous conduisait à lui, mais la bise l'a soufflée et nous
voici perdus. Auriez-vous la bonté, petite mère, de nous guider à
travers ces fôrets sans chemins afin de lui offrir ces présents, et la
myrrhe et l'encens?".
Sur le seuil de la porte, Babouchka
leur montra la direction du Sud _ c'est toujours tout droit!_, il
faisait si froid dehors qu'elle refusa de faire un pas de plus dans
cette neige qui lui glaçait le coeur. Mais une fois la porte refermée,
malgré le bon ronflon du poêle rien ne put la réchauffer. Le remords
était comme un morceau de glace qui gagnait tout son corps.
Certes elle était vieille et
cassée, mais une bonne Fée se doit d'être bonne et Fée avant toutes
choses. Son rôle depuis la nuit des temps n'avait-il pas toujours été de
porter un peu de lumière féerique au berceau de chaque nouveau né? A la
hâte elle remplit une hotte de jouets, enfila bottes et capuchon et se
mit à trottiner cahin-caha en direction du Sud. Hélas les rafales
d'hiver avaient effacé les traces, recouvert la piste de la noble
caravane, et jamais la pauvre Babouchka ne parvint à la rattraper.
C'est pour cette raison que depuis
son refus de mener Les Rois Mages jusqu'à l'enfant élu, la Fée
Babouchka, à chaque Noël, malgré le froid, le vent et la neige, se rend
de maison en maison distribuer des cadeaux pour se faire pardonner....
car elle sait que dans le regard de chaque enfant brille la joie du
petit Jésus. |
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| mercredi 14 janvier 2009, a 02:02 |
| ARDAT-LILI |
Ardat-lilî est "une belle Vierge
babylonienne qui n'a pas connue la jouissance, qui n'a pas enlevé son
vêtement devant le giron de son mari, qui n'a pas connu l'amour et n'a
pas de lait dans ses seins".
Sous la forme d'une louve à queue
de serpent, elle ravit la lumière, attaque les hommes mariés, souffle le
mal dans le foyer de l'homme et dévore les enfants. Le démon lulû
l'accompagne, ainsi que la démone-succube Hallulaja "La Courtilière".
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